Les possibilités durables et les principales difficultés qui limitent la croissance économique des pays en développement.

Les possibilités durables et les principales difficultés qui limitent la croissance économique des pays en développement.

Des politiques et des institutions efficaces, la primauté du droit et la stabilité économique renforcent la croissance économique. Des lois transparentes, adéquates et appliquées comme il se doit, une gestion financière et une allocation des ressources efficaces, des systèmes de réglementation appropriés et des systèmes de finances publiques sains sont autant d’éléments essentiels à une croissance économique stable, à la réduction de la corruption et à la durabilité de l’économie.

Les infrastructures constituent un élément essentiel d’un environnement propice à la croissance économique. Les entreprises ont besoin de systèmes de transport adéquats – que ce soit au moyen des routes de campagne, des aéroports ou des ports — afin d’accéder aux marchés où elles pourront offrir leurs biens et leurs services. L’accès à une source d’énergie fiable et aux technologies des communications leur permet d’être plus productives et novatrices. Dans les pays en développement, l’absence de telles infrastructures de base est un obstacle chronique qui contribue à la faiblesse des résultats économiques.

Une main-d’oeuvre qualifiée constitue une assise importante pour une croissance économique durable. Les pays qui investissent massivement dans leur capital humain sont habituellement ceux qui affichent la plus forte croissance. Dans les pays en développement, bien des adultes en âge de travailler ne possèdent pas les aptitudes en lecture, en écriture et en calcul nécessaires pour occuper un emploi. Le nombre croissant de jeunes constitue un défi économique et social majeur, qui augmente la pression sur les ressources en éducation et en formation professionnelle dans plusieurs pays en développement. Le manque de compétences en entrepreneuriat, en marketing et en gestion — des compétences requises pour tirer profit des occasions de croissance – nuit aussi au renforcement de l’économie.

Les femmes, par leur travail, assurent un revenu à leurs familles et jouent de ce fait un rôle central pour qu’elles-mêmes, leurs familles et leurs collectivités puissent se sortir de la pauvreté. Cependant, dans bien des économies, elles font face à d’importants obstacles qui entravent leur participation pleine et efficace en tant qu’employées, employeuses et entrepreneures — des obstacles qui ont souvent pour origine des raisons légales, sociales, réglementaires ou culturelles.

L’agriculture est le plus important secteur économique dans plusieurs pays en développement. Elle génère de nombreux emplois et contribue à réduire la pauvreté et à renforcer la sécurité alimentaire. Les améliorations en matière de productivité et d’innovation agricoles peuvent stimuler la croissance économique; toutefois, les obstacles au commerce, à l’accès aux marchés et aux infrastructures, l’insécurité du régime foncier, les coûts élevés des intrants et l’accès restreint aux technologies limitent la capacité des pays en développement d’exploiter le potentiel de croissance de ce secteur.

Afin d’assurer la stabilité économique à long terme des pays en développement, il est essentiel de veiller à ce que la croissance économique soit durable sur le plan environnemental. Les économies en croissance doivent viser un équilibre entre leurs besoins et une gestion responsable de l’environnement. Pour atteindre cet équilibre, il faut des politiques, des lois et des règlements qui améliorent la gestion des ressources naturelles, soutiennent l’utilisation durable des ressources et s’adaptent aux réalités des changements climatiques.

http://www.international.gc.ca/development-developpement/priorities-priorites/segs-sced.aspx?lang=fra

 

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Honduras: quand micro-entreprises rime avec autonomisation économique des femmes.

Les micro-entreprises ont un rôle clé à jouer dans l’autonomisation économique des femmes dans les pays en développement. En effet, ils peuvent être créatrices d’emplois, catalyseurs de l’activité économique des femmes  et génératrices de revenus. Contribuant ainsi à une amélioration du niveau et de la qualité de vie familiale, locale et parfois régionale.

Dans la grande majorité des pays en développement,  les micro-entreprises visent à soutenir l’inclusion sociale et économique en suscitant l’autonomisation économique des femmes provenant des groupes composés des pauvres, des exclus et des marginalisés.  Selon la Banque Mondiale, les entreprises appartenant à des femmes représentent pas moins de 38 % de l’ensemble des micro.entreprises enregistrées dans le monde entier. En Afrique, en Asie, en Europe orientale et en Amérique latine, leur nombre est en augmentation rapide, et cette évolution a un impact direct sur la création d’emplois et la réduction de la pauvreté ainsi que sur la dynamique du développement local.

Par conséquent, dans le cadre du Programme Accès Innovation (PAI), Oxfam-Québec au Honduras, à travers le Fond de développement de l’Innovation, met en place un certain nombre de projets allant dans le sens de favoriser l’autonomisation économique des jeunes et des femmes vivant dans le corridor centre-sud du Honduras, en favorisant le développement des micro-entreprises viables.

Depuis mon arrivée au Honduras au mois de février 2016, à titre de conseiller technique en développement économique, je travaille étroitement avec notre partenaire ADEPES, en accompagnant des femmes dans différents processus de mise en place de 10 micro-entreprises. Ce qui est très intéressant dans ce processus, c’est de voir comment les groupes formés par des femmes d’une même famille ou encore monoparentales, parviennent a mieux s’organiser que d’autres. Ceci partant de la construction des locaux, du renforcement des capacités en genre, sécurité alimentaire, environnement, participation citoyenne, achat des matériaux et équipements de production à des fins de production et vente des produits.

Dans l’ensemble, ces micro-entreprises ont généré une nouvelle dynamique de vie au sein de ces communautés. J’ai pu constater un changement majeur dans le bien être économique et social de ces femmes qui avaient perdues tout espoir de vie. Au départ, ces femmes n’avaient pas de revenus mensuels, mais actuellement elles ont au moins 1000 à 2000 lempiras par mois (100 à 150 $ CA). Elles sont plus ambitieuses, plus motivées, plus joyeuses, connaissent plus leurs droits, sont désormais capable de se prononcer en public sur les enjeux de leur communauté, développent plus d’initiatives et mettent l’accent sur la protection de l’environnement en recyclant des déchets.

Dans la photo ci-dessus, nous pouvons voir un des groupes de femme avec lesquels j’ai travaillé dans ce processus d’implantation de micro-entreprises. Au départ, ces femmes n’avaient pas une source de revenu fiable. Elles ont commencé par recevoir du renforcement de capacité en gestion d’entreprise, genre, participation citoyenne, sécurité alimentaire et environnement. Par la suite, elles ont construit le local, acheté des équipements et matériaux, puis identifié les sources des matières premières, débuté la production et diversifié les marchés. Actuellement, ces femmes ont des revenus mensuels stables (2500 lempiras/ mois) et envisagent déjà acheter une motocyclette pour le transport et la distribution des produits.

Ces femmes sont devenus des agents de changements dans leur communauté. Elles incitent d’autres femmes à emboîter le pas, elles organisent des foires où elles font des promotions de leur micro-entreprises et constituent des réseaux avec d’autres micro-entreprises dans d’autres communautés. Elles envisagent dans un futur proche l’expansion de leur micro-entreprises pour ainsi commencer à offrir du travail à d’autres membres de leur communauté.

Par ailleurs, pour que ces projets de création de micro-entreprises continuent à avoir l’impact ultime visé soit une autonomisation économique durable des femmes, il est nécessaire, en plus d’obtenir des outils d’amélioration des processus, de penser aux stratégies de durabilité, de proposer de nouvelles formations adaptées aux besoins des femmes et aux jeunes pour que les produits et services soient de plus en plus adaptés aux exigences des différents marchés visés. Toutefois, l’accès limité à l’éducation nuit à l’intégration de ces femmes dans les secteurs des technologies et de l’innovation, limitant ainsi leur potentiel de créer des projets innovants.

Pour Oxfam- Québec, soutenir ces projets de création des micro-entreprises, c’est donner aux femmes et aux jeunes l’espoir de maintenir et valoriser leur famille et communauté, d’échapper aux violences, de ne pas emigrer, de rester dans leur communauté, mais aussi d’améliorer leurs conditions de vie, et donc d’augmenter les revenus qui en découlent ce qui favorise dans le long terme, l’autonomisation économique des femmes et une meilleure qualité de vie de manière durable

Brice-Edgard Mebieb, Ing. Msc, Conseiller Développement Organisationnel, Oxfam, Honduras, Avril 2017.